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PMA solo : toutes les démarches pratiques et administratives pour se lancer

Tu as décidé de faire un bébé toute seule par PMA solo (ou tu y réfléchis sérieusement…) mais tu es perdue : tu trouves des bribes d’informations par-ci par-là, tu entends tout et son contraire, la technique te fait peur… Concrètement, ça commence par où ? Quels dossiers, quels rendez-vous, quels coûts ? qu’est ce qui obligatoire, conseillé, superflu ? Cet article est ton guide pratico-pratique, étape par étape, qui récapitule toutes les démarches de ta PMA Solo

Je n’y détaille pas du tout la dimension médicale, j’y ai dédié un article. Tu trouveras également un article focus sur les démarches de la PMA à l’étranger.

Ce que dit la loi : qui peut accéder à la PMA solo en France ?

Depuis la loi de bioéthique de 2021, la PMA pour femmes célibataires est légale en France. Voici les limites d’âge à connaître :

  • IAD (insémination avec don de sperme) : jusqu’au jour de tes 45 ans
  • Ponction d’ovocytes : jusqu’au jour de tes 43 ans
  • Transfert d’embryon : jusqu’au jour de tes 45 ans
  • Préservation de fertilité sans motif médical : entre 29 et 37 ans

Cf ici pour les détails médicaux

C’est hyper important de te mettre en garde sur ces chiffres : compte tenu des délais pour bénéficier d’un don, les centres ferment souvent la porte aux femmes des 41 ans. Ne retiens pas 43 ans, retiens 41 ans.

1. Le CECOS : le premier interlocuteur de ta PMA Solo

1a. Le premier pas

Un CECOS (Centre d’Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme humain) est un centre implanté dans un centre hospitalier. Il est formé : d’une équipe médicale pluridisciplinaire (médecins, biologistes, psychologues et psychiatres, généticiens, techniciens de laboratoire) et d’une plate-forme de cryobiologie spécialisée. Ils ont pour mission d’aider les femmes et les couples à devenir parents grâce aux dons de gamètes et d’embryons.

Comme c’est le process du don qui a les délais les plus longs dans un parcours de PMA en tant que femme seule, (entre 15 et 24 mois selon les centres et les périodes), le contact avec le CECOS doit se faire rapidement pour lancer le process.

En vrai, le 1er pas se passe souvent dans le cabinet du gynéco habituel, si c’est un référant de confiance. Il ou elle te prescrira en amont le bilan de fertilité dont je parle plus loin ! et tu pourras faire ces examens le temps que ton rdv CECOS arrive.

Une légende urbaine raconte que pour être efficace dans sa communication avec le CECOS, il faut :

  • Envoyer un mail (pas d’appel téléphonique) pour garder une trace écrite
  • à 8h30 précises pour être dans les premières

Tu liras / entendras que tu peux t’inscrire simultanément dans plusieurs centres. Mais sur le site cecos.org, il est indiqué qu’on ne peut être inscrite que dans un seul centre français. (La liste des CECOS en France)

1b. Le dossier administratif à constituer

Chaque CECOS a ses propres exigences, mais prévois généralement :

  • Pièce d’identité en cours de validité
  • Justificatif de domicile récent
  • Éventuellement, un courrier présentant ton projet parental

Si tu as déjà réalisé un bilan de fertilité (en France ou à l’étranger) datant de moins de 6 mois, apporte-le à ton premier rendez-vous, ça peut te faire gagner plusieurs semaines.

1c. Les rendez-vous médicaux

Chaque CECOS a son protocole, mais en général, tu rencontreras biologiste, psychologue, puis gynéco. Je sais que le rdv psy peut faire peur mais sache que cette équipe n’est pas là pour te juger, elle rend un avis médical sur ta capacité à obtenir une grossesse.

Au cours de ces rendez-vous, on te prescrira un bilan de fertilité complet. SI tu as démarré tes démarches par un rdv avec ta gynéco habituelle et qu’elle t’a prescrit ces examens il y a moins de 6 mois, tu as gagné du temps !

  • Bilan hormonal (entre J2 et J5 de ton cycle)
  • Échographie de comptage des follicules antraux (J2-J5)
  • Bilan sanguin avec sérologies
  • Frottis
  • Éventuellement une hystérosalpingographie (pour vérifier la perméabilité des trompes)

1d. La commission

À l’issue de ces rendez-vous, ton dossier passe en commission pluridisciplinaire. Tu seras ensuite informée de ton acceptation et du nombre de tentatives accordées. La loi prévoit jusqu’à 6 inséminations et 4 FIV remboursées à 100% — mais ce nombre peut être revu (à la baisse, et de rare fois à la hausse) en fonction de ton bilan et/ou de tentatives antérieures.

1e. Le notaire

Une fois ton dossier validé, tu devras signer un consentement au don chez un notaire. Ce rendez-vous est obligatoire en France avant une tentative avec don.

⚠️ N’anticipe pas ce rendez-vous avant la validation de ton dossier en commission : si ta demande est refusée, tu auras payé pour rien.

Ce que l’acte notarié acte :

  • Ton consentement au recours à un tiers donneur
  • L’absence de lien de filiation entre le donneur et l’enfant
  • Ton information sur le droit d’accès aux origines (levée d’anonymat possible à 18 ans via la CAPADD)

Coût : L’émolument du notaire est fixé par la loi à 75,46 € HT (c’est identique dans toute la France). À cela s’ajoutent des frais de formalités variables selon les études, ce qui porte le total généralement entre 110 € et 150 € TTC (Tarif exonéré du droit fixe d’enregistrement de 125 €).

1f. L’attribution du donneur

Une fois ton dossier validé, un donneur te sera attribué. Comment ? Avant 2021, l’appariement (le centre cherche un donneur dont les caractéristiques physiques se rapprochent des tiennes.) était une règle quasi-stricte pour « masquer » le recours au don. Aujourd’hui, avec la levée de l’anonymat (l’enfant pourra connaître l’identité du donneur à sa majorité s’il le souhaite), la philosophie a changé. L’appariement n’est plus une obligation légale, même si elle reste largement pratiquée.

Tu as peut être entendu parler d’un système de parrainage (apporter soi-même un donneur, soit pour remonter dans la file d’attente, soit pour simplement bénéficier de son don), sache que c’est illégal en France depuis plusieurs années.

2. Choisir son centre de PMA pour femme seule

2a. CECOS vs centre de PMA : qui est qui ?

Le CECOS gère tout ce qui concerne le don de gamètes (sperme, ovocytes) et ton inscription administrative. Le centre de PMA prend en charge le suivi médical des tentatives. Ce sont parfois le même établissement, mais pas toujours.

2b. Public vs privé

Les CECOS sont tous publics. Les centres de PMA peuvent être publics ou privés. Les délais, le suivi et les tarifs varient. Les centres de PMA privés pratiquent très souvent des dépassements d’honoraires. Cf chapitre sur les couts.

2c. Comment choisir son centre de PMA Solo en France?

Liste des Centres AMP. Tu n’es pas obligée de rester dans le centre associé à ton CECOS. Tu peux choisir ton centre selon les délais d’attente annoncés, la qualité du suivi dont tu aurais pu avoir écho, la communication avec l’équipe (hyper important le feeling), et bien sûr la proximité géographique. Le projet est suffisamment complexe sous de nombreux angles, essaye de te simplifier la logistique !

En France, les centres ne communiquent pas librement sur leurs taux de réussite. C’est l’Agence de la Biomédecine qui publie chaque année une évaluation. Tu peux consulter ces données sur le site de l’Agence de la Biomédecine pour avoir une idée générale du positionnement d’un centre par rapport à la moyenne nationale. Mais ces infos ne permettent volontairement pas de comparaison directe entre centres.

3. PMA solo : France ou étranger, comment choisir ?

3a. Pourquoi certaines femmes choisissent l’étranger

Faire sa PMA solo à l’étranger peut s’expliquer par plusieurs raisons :

  • Les délais français sont trop longs. La fertilité diminuant rapidement à partir de 37 ans, certaines décident de vite partir à l’étranger pour maximiser leurs chances.
  • L’âge limite français est dépassé. La loi dit 43 ans. Beaucoup de femmes découvrent à leur dépens que, dans les faits, les centres imposent 41 ans. Elles décident d’aller au bout de leur décision ailleurs.
  • Un don d’ovocytes est nécessaire en plus du don de sperme. Il faut compter plutôt 18 à 36 mois pour bénéficier d’un don d’ovocyte en France. (NB : les donneurs et donneuses ont une moyenne d’âge plus faible à l’étranger, et de fait une qualité de gamètes meilleure.)
  • Le souhait de pouvoir choisir les critères du donneur (ce qui est impossible en France) : À l’étranger (Espagne, Danemark notamment), tu peux accéder à des profils détaillés de donneurs avec critères physiques, parfois personnalité, parcours, etc.

3b. Choisir son pays et sa clinique pour sa PMA Solo

Les législations varient selon les pays (Espagne, Danemark, Belgique, République tchèque…), notamment, sur l’anonymat du donneur, et sur le DPI (diagnostic préimplantatoire). Ces 2 données et le tarif sont souvent les critères qui font choisir un pays plutôt qu’un autre.

À l’étranger, contrairement à la France, les cliniques communiquent beaucoup plus librement sur leurs taux. Vérifie toujours qu’il s’agit bien de taux de naissances vivantes, elles communiquent plus souvent sur le taux de grossesses cliniques, qui n’incluent pas les arrêts de grossesse.

Et tu verras que malgré tous tes efforts pour rationnaliser ton choix, trancher entre les deux dernières cliniques en lice se fera toujours au feeling.

3c. Trouver un gynécologue ou une sage-femme en France

Même si tu fais ta PMA à l’étranger, tu auras besoin d’un relais médical en France pour le monitoring, les ordonnances de stimulation et le certificat médical pour le remboursement Sécu. Commence par solliciter ton médecin traitant ou ton gynécologue habituel. Si eux ne sont pas collaboratifs, pas de panique, tu trouveras forcément un professionnel pour t’aider.

3d. Démarches administratives supplémentaires

  • Une entente préalable du CNSE est nécessaire avant toute tentative à l’étranger (aucune prise en charge rétroactive possible)
  • Prépare : certificat médical d’un gynécologue, devis nominatif et signé de la clinique, comptes rendus médicaux antérieurs, lettre explicative
  • Dossier à envoyer en recommandé au CNSE – CPAM du Morbihan, rue Alexandra David Néel, CS 80330, 56018 Vannes cedex

4. Coûts de la PMA solo et prise en charge par la Sécu

4a. En France

La Sécurité sociale rembourse à 100% jusqu’à 6 inséminations et 4 FIV. Les médicaments de stimulation sont également pris en charge.

Les centres de PMA privés pratiquent très souvent des dépassements d’honoraires (pour une FIV, cela peut grimper de 500 € à 1 000 € par tentative). La Sécu ne remboursera JAMAIS ces dépassements. C’est ta mutuelle qui pourra éventuellement les couvrir, vérifie ton contrat.

Conseil pour éviter les surprises : si tu choisis le privé, demande un devis écrit (obligatoire au-delà de 70 €) avant de commencer. Envoie ce devis à ta mutuelle pour savoir exactement ce qu’il restera de ta poche.

4b. À l’étranger

La Sécu peut rembourser une partie des frais, si et seulement si les conditions respectent la loi française. Ex IAD jusqu’à 43 ans, transfert jusqu’à 45 ans, DPI interdit.

Montants indicatifs remboursés (mise à jour mai 2025) :

  • IAD : 247,64 €/essai
  • FIV avec don de sperme + 1 transfert : 2 774,76 €
  • Transfert d’embryon congelé : 276,49 €/transfert
  • Vitrification d’ovocytes : 1 970,01 €
  • Les frais de transport sont pris en charge à 100% dans la limite de 300 €.

⚠️ Si ton dossier mentionne le DPI (interdit en France), la prise en charge sera refusée. Demande à ta clinique de faire 2 documents différents.

4c. Les frais annexes à anticiper

Au-delà du médical, prévois un budget pour :

  • Consultations psy (non remboursées)
  • Compléments alimentaires
  • Frais notariaux (cf paragraphe dédié, entre 110 et 150€)
  • Toutes les approches complémentaires à la médecine qui peuvent te faire du bien et/ou te faire avancer plus vite (ex une coach PMA Solo😜)

Pense également à consulter ta mutuelle : certaines proposent des compléments de prise en charge pour la PMA.

5. PMA solo et travail : tes droits et options concrètes

5a. Ce que dit la loi

Depuis la loi de 2021, les femmes en parcours de PMA bénéficient d’autorisations d’absence pour les actes médicaux liés au parcours. Ces absences sont assimilées à du temps de travail effectif et ne peuvent pas entraîner de perte de salaire.

5b. En parler (ou non) à son employeur

Pour autant, tu n’as aucune obligation d’informer ton employeur de ta démarche de PMA solo. C’est toi qui décides, soit tu en parles et tu bénéficies des absences autorisées sans perte de salaire, soit tu préfères ne pas en parler, et tu jongles avec les possibilités du point 5c

Si tu choisis d’en parler, cible la bonne personne : RH de confiance ou manager direct bienveillant. L’objectif est d’informer pour obtenir de la flexibilité horaire. Tu ne négocies pas, tu ne te justifies pas. C’est ton droit.

5c. Absences, ALD, télétravail : comment gérer la PMA au travail ?

Selon ta situation et ta volonté ou non d’informer ton employeur, tu peux utiliser et jongler entre plusieurs possibilités :

  • Absences autorisées légalement = la loi oblige ton patron à te laisser partir faire tes piqûres ou échos sur ton temps de travail sans baisser ton salaire. Le revers de la médaille : pour bénéficier de ce maintien de salaire, tu es obligée de dire à ton employeur (ou au moins aux RH) que tu es en parcours de PMA.
  • ALD infertilité : la PMA peut être reconnue comme un cas particulier des Affections Longue Durée. Ce qui signifie qu’en cas d’arrêt maladie lié au parcours le délai de carence ne s’applique qu’une seule fois sur 3 ans. Tous les arrêts suivants sont indemnisés dès le 1er jour. ⚠️ce principe n’autorise pas l’absence, mais est cumulable avec le point précédent.
  • Télétravail : un atout précieux pour les phases de monitoring (prise de sang et écho) : tu organises ta journée de travail autour de tes rdvs médicaux.
  • Arrêt maladie. Certaines femmes obtiennent de leur médecin d’être en arrêt pendant toute la durée de la stimulation : pas besoin de communiquer sur sa pma pour avoir des autorisations d’absence, pas besoin de jongler avec l’agenda pour les rdvs labo et écho. Encore faut-il l’obtenir !

Quand tu démarres, toutes ces préoccupations logistico administratives paraissent insurmontables. En couple, on pourrait vite ressentir un sentiment d’injustice, en mode « mais pourquoi moi je dois me taper tout ça ? » mais en PMA Solo, la médecine c’est ta chance de devenir maman, c’est bien plus un choix assumé qu’une option par défaut. Donc on s’adapte, on fait face, et quand tu tiendras ton bout de chou dans les bras, je te promets que tu vas oublier tout ça en un claquement de doigt…

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Sylvie LABAS

Maman à 40 ans via une PMA Solo en Espagne, j'ai transformé mon parcours en mission. Aujourd'hui coach et fondatrice du programme UNALOME, j'accompagne les femmes seules vers une maternité sereine. Mon moteur : transmettre de la clarté, des clés concrètes et de l’optimisme réaliste.